SE MOBILISER CONTRE LA VIOLENCE ET L’INTIMIDATION DANS LES MILIEUX DE SOINS ET DE SERVICES

30 septembre 2026

Montréal, le 30 septembre 2026 – Qu’elle soit verbale ou physique, la violence est malheureusement présente dans le réseau de la santé et des services sociaux, nuisant au travail des professionnels, aux soins prodigués aux patients et aux services offerts aux usagers. À titre d’ordres professionnels de la santé et des relations humaines, nous sommes inquiets et nous nous mobilisons aujourd’hui. Nous tendons la main à Santé Québec et au ministère de la Santé et des Services sociaux afin que des efforts collaboratifs soient déployés et que des gestes concrets visant à protéger le public et le personnel touché soient posés.

Les mille et un visages de la violence

La violence s’incarne de multiples façons dans les milieux de soins et de services : intimidation, insultes, dénigrement, harcèlement et violence physique. Trop de travailleurs de la santé et des services sociaux y sont confrontés au quotidien. Selon des données de 2024 de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), près de la moitié des lésions attribuables à la violence au travail sont recensées dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale.

Des impacts tous azimuts

La violence envers le personnel de la santé et des services sociaux ne menace pas que la sécurité des prestataires : elle compromet la qualité des soins et services à la population, ainsi que leur sécurité et leur continuité. Toutes et tous en font d’ailleurs les frais : la violence provoque retards et interruptions de soins, fragilise les communications et la qualité relationnelle, accroît le risque d’erreur, nécessite des investissements en gestion de crise et fait gonfler l’absentéisme en milieu de travail.

Des causes systémiques

Les facteurs pouvant expliquer la recrudescence de la violence dans les milieux de soins et de services sont multiples :

  • Liés aux humains : détresse psychologique, troubles de santé mentale, troubles cognitifs, consommation de substances, douleur mal soignée ou attentes non comblées;

  • D’origine organisationnelle : temps d’attente, pénurie de personnel, surcharge de travail ou enjeux de communication;

  • D’ordre systémique : salles d’urgence au-delà de leur pleine capacité, accès déficient aux soins et services de première ligne, notamment en santé mentale, en dépendance et en détresse sociale.

Le phénomène prend racine dans un ensemble d’enjeux complexes. Nous croyons essentiel de nous y pencher plus à fond sans tarder. C’est en travaillant de concert que toutes les instances impliquées en santé et en services sociaux pourront convenir d’actions structurantes au bénéfice de l’ensemble de la société québécoise.

Des chiffres

La violence en milieux de soins et de services s’observe tant ici qu’à l’international. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) relevait dans une étude, en 2022, que 63 % des professionnels interrogés avaient subi au moins une forme de violence en carrière. Dans un sondage mené l’année dernière par l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ), 27 % des répondants avouaient y être exposés quotidiennement, dont plus d’une fois sur deux au moment de la dispensation de soins. Cette violence était verbale dans 85 % des cas et physique dans au moins un cas sur deux.

Dans un sondage mené l’année dernière par l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ), 27 % des répondants avouaient y être exposés quotidiennement, dont plus d’une fois sur deux au moment de la dispensation de soins. Cette violence était verbale dans 85 % des cas et physique dans au moins un cas sur deux.

Même son de cloche chez les professionnels en soins infirmiers, à l’endroit desquels les actes de violence ont crû de 23,2 % entre 2021 et 2025, selon un rapport colligé par la CNESST. Autre exemple alarmant : sur 3 200 travailleurs sociaux sondés en 2018, 44 % de ceux œuvrant en protection de l’enfance ont été menacés ou victimes de violence dans l’exercice de leur fonction, selon l’association canadienne qui les représente.

Signataires

 

  • Danielle Boué, t.i.m.(E), ASC, Présidente, Conseil interprofessionnel du Québec

  • Jean-François Desgagné, pharmacien, FOPQ, Président, Ordre des pharmaciens du Québec 

  • Maxime Deshaies, Ac., Président, Ordre des acupuncteurs du Québec

  • Vincent Dubé, t.i.m. (MS), Président, Ordre des technologues en imagerie médicale, en radio-oncologie et en électrophysiologie médicale du Québec

  • Caroline Dufour, c.o., Présidente, Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec

  • Joëlle Émond, Dt.P., ASC, Présidente, Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec

  • Valérie Fernandez, travailleuse sociale, ASC, Présidente, Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

  • Paul-André Gallant, AdmA, MBA, ASC, MPO, orthophoniste, Président, Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

  • Dr Mauril Gaudreault, M.D., Président, Collège des médecins du Québec

  • David Gélinas, ap., Président, Ordre des audioprothésistes du Québec

  • Carole Grant, inf aux., ASC, Présidente, Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec

  • Karine Grondin, inhalothérapeute, Présidente, Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec

  • Luc J. Hébert, Fellow pht, PhD, CD, Président, Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec

  • Dre Fadji Koffi, podiatre, Présidente, Ordre des podiatres du Québec

  • Marie-Claude Lafond, sexologue et psychothérapeute, Présidente, Ordre professionnel des sexologues du Québec

  • Dr Philippe Larivière, chiropraticien, Président, Ordre des chiropraticiens du Québec

  • Richard Legendre, T.Sc.A., Président, Ordre des technologues professionnels du Québec

  • Jean-François Lortie, H.D., B.Ed., Président, Ordre des hygiénistes dentaires du Québec

  • Luc Mathieu, inf., DBA, ASC, Président, Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

  • Alexandre Nadeau, erg., M. Erg, ASC, C. Dir., Président, Ordre des ergothérapeutes du Québec

  • Julie Pelletier, SF, LL.M., Présidente, Ordre des sages-femmes du Québec

  • Dr Éric Poulin, optométriste OD MSc ASC, Président, Ordre des optométristes du Québec

  • François Proulx, B.Sc., M.Sc. chimie, Ph.D. ATDR, Président, Ordre des chimistes du Québec

  • Dr David Quirion, m.v., Président, Ordre des médecins vétérinaires du Québec

  • Josée Rioux, criminologue, Présidente, Ordre professionnel des criminologues du Québec

  • Félix-David L. Soucis, ps. éd., CRHA, Président, Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec